vendredi 15 février 2019
 

C’est à Marseille au Toursky et nulle part ailleurs

Sous la chaude caresse des mots de Pablo Neruda et d’autres poètes d’Amérique du sud

Te amé sin que yo lo supiera, y busqué tu memoria.
En las casas vacías entré con linterna a robar tu retrato.

Samedi 2 février, une heure de poésie avec Richard Martin. Pour la première fois à Marseille, au Toursky, théâtre superbe et fraternel, un cycle de lectures est proposé autour d’une des plus belles littératures du monde : la littérature sud-américaine. En octobre dernier, Astrid Veillon a inauguré le cycle avec l’écrivain péruvien, Mario Vargas Llosa. En décembre, Andréa Ferréol a choisi « Le siège de l’aigle » du mexicain Carlos Fuentes. Samedi dernier, Richard Martin a lu Pablo Neruda et c’est Marie-Christine Barrault, qui clôturera le cycle le 27 avril 2019, à 18 h avec « L’amour au temps du choléra », de Gabriel Garcia Marquez. Quatre rendez-vous en compagnie de talentueux comédiennes et comédiens pour (...)

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Maison des rumeurs. Sophocle sous la plume étincelante de Colm Tóibín

Somptueux et puissant, permanence du tragique et de l’humain, de l’Antiquité grecque à aujourd’hui

An immemorial story, from Greek tragedy to contemporary moral fatal wanderings. Great art !

La malédiction des Atrides. Un des plus grands mythes grecs. Une horreur et des morceaux de littérature qui font partie du patrimoine culturel de l’humanité. Eschyle, Euripide et surtout Sophocle avec son Orestie nous interpellent toujours sur cette famille sanguinaire. Qui ne connait pas Agamemnon, Clytemnestre, Egysthe, Iphigénie, Electre, Orestre, ce sont tous des noms que nous associons à des mares de sang, à des sacrifices, à des tourments moraux inouïs, à la vengeance, à un cercle infernal qu’il faut faire cesser, mais comment ? L’histoire est connue et archi connue : pour permettre à la flotte grecque d’avoir des vents favorables pour aller conquérir Troie, les Dieux demandent le sacrifice (...)

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Des rites funéraires et des nourritures qui les accompagnent

Les croque-morts en salivent d’avance !

Funeral food and traditions worldwide with recipes included. Very interesting !

Voici de ces petits livres que j’aime particulièrement, Balade funéraire gourmande, co-signé par Julien Barbet et Julie Chauville et publié aux éditions Fage. De ces livres « de rien du tout », comme l’eût écrit Prévert, moins épais qu’une plaquette de chocolat, livre de poche par excellence et qui tient dans la paume de la main. Une façon transversale de voir les choses, une balade gustative et culturelle, dépaysante à travers le monde au gré arbitraire des auteurs sur le sujet, tout est dans le titre, des accompagnements culinaires et festifs qui accompagnent de-ci de-là de la planète les adieux faits aux morts, et que l’on célèbre par des libations nourricières et des rites propitiatoires. Petit livre (...)

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Restauration du retable d’Issenheim

Un travail d’une exigence absolue

Absolute masterpiece

Le Retable d’Issenheim, véritable trésor de la collection du Musée Unterlinden, est l’une des œuvres les plus célèbres au monde. Régulièrement entretenu et reverni depuis le 18e siècle, le Retable d’Issenheim, véritable trésor de la collection du Musée Unterlinden, fait aujourd’hui l’objet d’un exceptionnel projet de restauration mené par un comité de pilotage et scientifique, présidé par Blandine Chavanne, cheffe du service des musées de France par interim, et Thierry Cahn, président de la Société Schongauer. Le chantier a démarré en septembre 2018 par la restauration des sculptures qui ont été transportées vers l’atelier du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) à Paris. L’équipe (...)

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Florian Zeller : le Fils, un choc, une pièce sombre et belle

Vous en sortirez bouleversé et heureux

Florian Zeller, remember his name, one the most famous talented and actual French playwright

La pièce la plus dramatique de sa trilogie sur la famille, jouée au théâtre du Jeu de Paume à Aix en Provence. 7 représentations. On y retournerait bien ! Après « la mère », « le père », dans la famille Florian Zeller, on demande « le fils ». Lui ne demande rien ! Surtout qu’on le laisse à sa dépression ! C’est un drame, et la pièce est pesante, du début jusqu’à la fin. Le mal-être plane, et on se dit dès les premières minutes, que l’on risque bien de quitter la salle, déprimé nous aussi… Non, en fait, il n’en est rien ! C’est une pièce qui est juste belle et tellement bien écrite. On en ressort heureux. Il est vrai pourtant que l’on baigne en permanence dans une inquiétude émotionnelle pesante, lancinante, (...)

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Georges Braque, Le duo

Deux femmes, un piano, une partition, des pinceaux et l’esprit vagabonde

Georges Braque along with Picasso, master of modern painting of the twentieth century

Georges Braque (1882-1963) est un peintre français de caractère. Dans un premier temps il suit la leçon de Matisse en participant au fauvisme. Mais dès l’été 1906, avec les paysages de l’Estaque, les maisons représentées sont des cubes : Braque pousse, aux limites de ses idées, la manière de Cézanne. Il rencontre Picasso l’année suivante. La vision des « Demoiselles d’Avignon », encore en chantier, le bouleverse et les deux hommes vont inventer et développer le cubisme entre 1907 et 1914 : ils se voient tous les jours, finissant par faire « atelier commun ». Leur rupture se produira à la déclaration de guerre : Braque, mobilisé, rejoindra l’armée alors que Picasso refusera de s’engager. Trépané puis (...)

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Les amis, un roman américain d’Aja Gabel avec la musique en fête

Une histoire bien rythmée, cadencée, pleine de fougue et de notes de musique.

Its American title : « The ensemble ». Deserves a standing ovation

Un quatuor est composé de quatre musiciens, ce qui les unit est bien évidemment la musique et, grâce à un énorme travail, l’espoir de la jouer, de servir les compositeurs le mieux possible. Mais quatre musiciens ce sont aussi quatre personnes, quatre individus qui chacun ont leur personnalité, leur vécu, leur culture et même parfois une interprétation autre que celle des autres d’une partition. Aja Gabel est une romancière américaine, dans son roman traduit en français par Cyrielle Ayakatsikas, elle nous compte l’histoire d’un quatuor, de sa formation au départ d’un d’entre eux pour des raisons strictement personnelles et non pour des faits internes au groupe. Quatre musiciens, deux femmes et deux (...)

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La dame en bleu de Jean-Baptiste Camille Corot

Musicalité et poésie naturelle d’une oeuvre peinte

Famous and sensible landscape and portrait painter

Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), célèbre peintre français, est issu d’une famille de commerçants parisiens très aisés. Après des études banales, il obtient une forte rente annuelle de ses parents. Ce qui lui permet de se livrer à sa seule passion : la peinture. Il est formé à l’école néoclassique : belles et grandes compositions, mythologiques ou religieuses, et paysages historiques. Dès cette époque, il travaille en plein air : à Barbizon et dans la forêt de Fontainebleau. Il s’attache alors au rendu des jeux de la lumière et à l’expression de la profondeur. Dans ses tableaux, un équilibre étonnant s’établit alors entre idéaux classiques et observation de la nature. Il durera toute son existence. (...)

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Atchooo, ou quand les dragons s’affrontent en tournois rituels

Pétards et dragons

A charming movie in the stream of the new Chinese Year to come

Comme Monsieur Jourdain ou presque, vous parliez chinois sans le savoir, « Atchoo » est en effet le titre de ce film d’animation des élèves de la promotion 2017 de l’ESMA, et l’histoire qu’il raconte se déroule dans un monastère bouddhiste situé près des montagnes. Une histoire de dragons, de ceux qui concourent chaque année pour apporter joies et harmonie aux habitants du pays dans un déchaînement de pétards et autres feux d’artifices ! C’est bien fait, un travail des outils informatiques bien maîtrisé, c’est bien le moindre au demeurant que l’on peut attendre d’élèves qui se destinent à une profession graphique et cinématographique. C’est amusant aussi, j’aime bien le petit cœur percé d’une flèche par (...)

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Giovanni Boldini un peintre italien surdoué

Un portraitiste fameux que se disputaient les plus belles femmes

Modernity in painting

Giovanni Boldini (Ferrare 1842- Paris 1931) fut un peintre surdoué, quelque peu oublié après son décès mais, aujourd’hui, revenu au premier plan et apprécié pour son talent hors-pair. Ses œuvres, très rares, se vendent à des prix stratosphériques lorsqu’elles apparaissent sur le marché : la demande est bien supérieure à l’offre. Né d’un père peintre et restaurateur d’art, membre d’une immense fratrie (treize personnes), ses dons sont si évidents que son talent de portraitiste est reconnu alors qu’il n’a pas vingt ans. En 1862 on le retrouve à l’académie de Florence où il fait la connaissance des « macchiaoli »*. Détail croustillant : l’artiste s’opposera violemment à la photographie qu’il considérait comme (...)

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Un livre pour toucher du doigt l’architecture de Robert Mallet-Stevens

Une édition d’art au service des mal-voyants

A book of architecture for blind people

Ce livre-objet unique, lancé le 21 janvier à la Villa Cavrois en présence de déficients visuels, propose une initiation sensorielle, aussi remarquable que singulière, au joyau de l’architecture de Robert Mallet-Stevens. Il a été conçu par Christian Bessigneul et Laurent Nogues, artisans d’art qui ont reçu la récompense « Talents d’exception » du Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main 2015, ainsi que par Hoëlle Corvest. Ce titre de la collection « Sensitinéraires », destiné aux déficients visuels et à leurs accompagnants, est le 6e, après ceux consacrés à la tenture de l’Apocalypse d’Angers, la cité de Carcassonne, l’abbaye de Cluny, le Panthéon, la Sainte-Chapelle. L’approche d’un monument (...)

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La déesse de Nonnenfels, un joli roman, une belle ode à la Lorraine

Kévin Goeuriot, un jeune auteur lorrain inspiré et sensible

A poetic novel, a pantheistic description of nature in Lorraine

Connaissez-vous la Lorraine ? Et plus précisément connaissez-vous la vallée de la Canner, ce petit cours d’eau qui serpente au nord de cette région, au-delà de Thionville vers Sierck les bains. Elle coule dans la petite bourgade de Klang, où, au fond d’une forêt se trouve un rocher en grès. Un rocher, il y en a beaucoup dans ce territoire, mais tous n’ont pas la particularité de celui-ci, car ce rocher, comme quelques rares autres en Lorraine, au Luxembourg, en Allemagne, est sculpté. Par qui ? De fait, on l’ignore, tout porte à croire que cette sculpture est d’origine celte, mais il n’y a aucune preuve « formelle » pour étayer cette hypothèse. Que représente-t-elle ? L’on suppute qu’il s’agit d’une (...)

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L’enlèvement du mardi gras, un roman signé Raphaël Confiant

Corruption aux Antilles

A brilliant writer describing a corrupt Caribbean island

L’île de Nadiland dans les Caraïbes, ressemble sous bien des aspects à la Martinique où est né Raphaël Confiant, qui, dans la construction de son œuvre, se fait le barde, l’aède de ce minuscule coin de terre. Dans ce nouveau livre, il se penche, d’une façon on ne peut plus originale, mais oh combien réaliste, sur les problèmes de corruption qui rongent ces territoires, qui gangrènent leur tissu social. D’un côté, Julien Valmont, alias le Défenestrateur, Gros Dégueulasse, Ticoca, DSKahnard, Nain de Jardin, Pokémon, etc., directeur de l’institut de stratégie économique régional, du laboratoire de recherche Filmaneg et d’autres instituts dépendant de l’université Alma Mater franco-caribéenne. Avec ses deux (...)

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Un singe en hiver et deux monstres sacrés

Fabuleux Gabin et Belmondo avec des dialogues d’Audiard et filmés par H. Verneuil

Two fantastic and fabulous actors : Jean Gabin and Jean-Paul Belmondo

Dans la grande tradition cinématographique française se rencontrèrent d’innombrables monstres sacrés. Les chocs de leurs personnalités firent, parfois, couler beaucoup d’encre : ego quand tu nous tiens... Naturellement, la presse s’emparait de ces discordes en soulignant, en opposant untel à untel...La soi-disant aversion de Delon et de Belmondo est, encore, dans toutes les mémoires. Bien entendu, la réalité était toute autre. Nous allons nous intéresser à deux acteurs qui ne furent réunis qu’une seule fois à l’écran et dont les relations, supposées tumultueuses, se développèrent en sympathie réciproque pour créer ce film en noir et blanc magnifique qu’est, encore, aux yeux de nos contemporains cinéphiles (...)

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A propos de Wukali
WUKALI se veut une certaine idée de l’art, c’est à dire du plaisir de la connaissance, ce besoin fusionnel et intemporel de l’amour du beau qui nous rend tous plus humains, une autre perception de la communication et de l’information culturelle (...)
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